Méthodes des relations internationales

Je serai à Lille le 14 mars prochain pour participer à la journée d’études « Des apports méthodologiques des relations internationales à la science politique« , dont vous trouverez le programme ci-dessous, ou en pdf ici.

J’aurai le plaisir de parler d’analyse contre-factuelle et de discuter un papier de René-Eric Dagorn posant la question des conséquences d’un éventuel succès de l’opération Walkyrie et de l’assassinat de Hitler par von Stauffenberg. Nous essaierons de montrer que les analyses contre-factuelles sont importantes pour déterminer des causalités, et peuvent à ce titre intéresser les politistes comme les historiens, et sont donc une méthode importante allant bien au-delà de la simple narration uchronique et divertissante (on pourra d’ailleurs relire avec profit l’excellentissime Block 109 pour une uchronie très réussie de la Seconde Guerre Mondiale).

CouvBlock109Lauriers

En espérant vous voir nombreux à Lille!

Journée d’étude internationale

« Des apports méthodologiques des relations internationales à la science politique »

14 mars 2014

Lille, Amphithéâtre René Cassin – Campus Moulins, 1 place Déliot – Ouvert au public
Contact : elie.baranets@gmail.com

Description scientifique :
Certaines méthodes des sciences sociales sont peu employées en France alors qu’elles sont couramment admises et reconnues comme utiles dans d’autres pays. Les procédés auxquels les chercheurs ont recours au sein de la sous-discipline des relations internationales pourraient par exemple inspirer leurs homologues hexagonaux. Pour des raisons d’ordre pratique, les études politiques de relations internationales n’offrent pas toujours la possibilité de mener des enquêtes dans de bonnes conditions. Il est parfois délicat de rencontrer les acteurs qui influencent les processus internationaux. Et lorsque ces acteurs sont accessibles, leur rôle les empêchent souvent de livrer des informations fiables et utiles et au chercheur en sciences sociales. Les internationalistes ont donc appris à effectuer une collecte de la preuve en ayant recours à d’autres méthodes, en gardant à l’esprit que les enquêtes de terrain ne constituent qu’une pratique parmi d’autres. En France, pourtant, l’entretien apparaît souvent comme principal gage de rigueur scientifique d’une enquête, parfois même au détriment de la logique du raisonnement qu’il est censé servir. Les méthodes que nous allons présenter ont été élaborées, ou sont davantage exploitées, par des chercheurs en relations internationales. Elles sont néanmoins tout à fait exportables aux autres champs scientifiques, et peuvent leur être fort utiles. Ce projet a pour but d’apporter un éclairage sur certaines des méthodes de raisonnement et des techniques d’enquête peu employées en France, et qui sont susceptibles d’intéresser tout chercheur. Ce travail s’articule autour de trois axes.

Axe #1 : Méthode contrefactuelle.
L’analyse contrefactuelle renvoie à la comparaison entre les faits historiques observables et les faits qui auraient pu se produire si certaines données avaient été différentes. Un tel ajustement des variables constitue pour certains une pratique purement spéculative et donc non scientifique. Pourtant, lorsqu’elle est utilisée avec cohérence et rigueur, cette méthode pourrait au contraire être précieuse pour le chercheur soucieux de faire la lumière sur les liens de causalité qui entourent son objet d’étude.

Axe #2 : L’analyse du discours.
L’analyse du discours a vu son utilité croître chez les chercheurs en relations internationales ces dernières années. Cette approche doit permettre de donner du sens aux discours des acteurs sociaux, notamment par la prise en compte de l’environnement social et historique de leur production.

Axe #3 : Process-Tracing
Le process-tracing repose généralement sur une épistémologie différente de l’analyse du discours. Cette méthode qualitative consiste à tester la validité d’une théorie en morcelant le processus qui lie causes et effets. Puis il s’agit de procéder à l’analyse empirique d’un évènement en vérifiant si ce sont effectivement les hypothèses de la théorie concernée qui expliquent le mieux les faits observés pour chaque séquence.

Programme

Ouverture 10:00 – 10:45
Allocution d’accueil : Jean-Gabriel CONTAMIN, Directeur du CERAPS

Allocution d’ouverture : Elie BARANETS (Doctorant à l’Université Bordeaux IV et enseignant à Sciences-Po Paris) et Marina ILIC (Doctorante à l’Université de Lille II)

Première Session 10:45 – 12:15 Analyse contrefactuelle

10:45 – 11:25 René-Éric DAGORN (Doctorant à l’UVSQ, enseignant en CPGE et à Sciences-Po Paris) : «Braudel versus Stauffenberg : l’assassinat d’Hitler pouvait-il changer le cours de la Seconde Guerre mondiale ? » Discutant : Olivier SCHMITT (Doctorant au Department of War Studies du King’s College London, associé à l’IRSEM et enseignant à Sciences-Po Paris)

11:25- 12:15 Richard N. LEBOW (Professeur au Department of War Studies du King’s College London et au Darmouth College) : « Factuals and counterfactuals » Discutant : Christian OLSSON (Maître de conférences de science politique à l’Université Libre de Bruxelles)

12:15 – 14:00 Questions – Pause-Déjeuner

Deuxième Session 14:00 – 15:30 Analyse du discours
14:00 – 14:45 Yves DÉLOYE (Professeur de science politique à l’IEP de Bordeaux) : « Intérêt et enjeux de l’analyse de discours en science politique » Discutant : Céline MARANGÉ (Post-doctorante, ANR Cold War, Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

14:45 – 15:30 Maéva CLEMENT (Doctorante à l’UVSQ et à l’Université Goethe) : « Reconnaissance internationale et radicalisation violente : une analyse discursive du cas Al-Muhajiroun » Discutant : Jean-Vincent HOLEINDRE (Maître de conférences de science politique à l’Université Panthéon-Assas et enseignant à Sciences-Po Paris)

15:30 – 15:45 Questions – Pause café

Troisième Session 15:45 – 17:00 Process-tracing

15:45 – 17:00 – Yves SUREL (Professeur de science politique à l’Université Panthéon-Assas et enseignant à Sciences-Po Paris) : « Process-tracing : un cadre synthétique pour l’analyse des politiques publiques »
-Franca LOEWENER (Doctorante à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne) : « Les crises marocaines de 1905 et 1911 : un cas pour le process-tracing »
Discutant : Thomas LINDEMANN (Professeur de science politique à l’UVSQ)

17:00 – 17:15 Questions –
CONCLUSION DE LA CONFERENCE 17:15-18:00
COCKTAIL DE CLOTURE

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