Statebuilding in Afghanistan. Multinational contributions to reconstruction

Cet ouvrage a deux objectifs. Le premier, théorique, est de comprendre les contributions différenciées des membres de la FIAS en Afghanistan. Le second, empirique, est de fournir une description des actions sur le terrain d’Etats en général peu évoqués dans la littérature dominante (focalisée sur les Américains et les Britanniques), la liste non-exhaustive comprenant les Pays-Bas, la Hollande, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, la Pologne, et la France.

L’excellent chapitre introductif établit un cadre analytique expliquant les motivations pour les Etats de participer à la FIAS, et leurs contributions. Les auteurs combinent ainsi l’influence de la politique d’alliance (avec l’importance de donner des gages aux Etats-Unis), les considérations de sécurité nationale, ainsi que les contraintes internes liées à la politique électorale, la structure bureaucratique ou l’état des forces armées du pays. En fonction de ce modèle, les auteurs distinguent entre les « strivers » et les « servants« , et montrent comment la répartition géographique  des troupes étrangères dans le pays recouvre une distinction politique entre Etats capables et volontaires pour se battre, et suiveurs. Les auteurs conceptualisent ainsi l’échec stratégique de la FIAS, étendue à l’ensemble de l’Afghanistan à partir de 2006, mais dont la cohérence est minée par les engagements différents des Etats.

Les chapitres suivants traitent chacun d’un pays particulier, suivant le cadre analytique examiné dans le premier chapitre. On trouve d’excellentes contributions, en particulier sur la Grande-Bretagne et l’Allemagne (dont il est bien montré que l’incident de Kunduz a servi d’électrochoc à une adaptation tactico-opérative sur le terrain), et l’on apprend beaucoup sur l’action de pays tels que l’Australie, dont la contribution est limitée par la taille des forces armées mais dont l’engagement se paye dans le sang. Le parallèle est vite fait avec les Pays-Bas, dont la contribution minime est néanmoins efficace en tant que force supplétive des Britanniques car jusqu’à leur retrait, les troupes acceptent de prendre des risques dans la conduite des opérations. Evidemment, le contraste est fort avec l’Allemagne (jusqu’en 2010) ou d’autres pays tels que la Nouvelle-Zélande et la Turquie. Le chapitre sur la France, écrit par Joshua Foust (ancien contributeur à l’incontournable registan.net) est de grande qualité, montrant l’évolution de l’approche française entre les mandats des Colonels Arragones, Le Nen et Chanson, sans rien cacher des difficultés de la coordination avec le PRT américain, ou encore des limites inhérentes au faible nombre de troupes déployées en Kapisa et Surobi. Tout en admirant la capacité d’adaptation des troupes françaises et leur maîtrise tactique, il montre la difficulté de la contribution française à s’insérer dans une action stratégique plus large.

Publié en 2012, l’ouvrage est un peu daté puisque les analyses s’arrêtent à l’année 2011. Il constitue néanmoins une très bonne lecture pour les chercheurs intéressés par l’Afghanistan, son seul défaut étant son prix rédhibitoire, qui limite son acquisition à des bibliothèques.

2 réflexions sur “Statebuilding in Afghanistan. Multinational contributions to reconstruction

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